
Cinq ans de soins hybrides : les enseignements du marché et l’avenir envisagé par Doktr
18 juin 2026
L’accès aux soins en Belgique est sous pression. Les longs délais d’attente, la pénurie de médecins généralistes et la pression sur les troubles mentaux maintiennent les soins hybrides en tête des priorités. Cinq années d’expérience sur le terrain montrent que la question n’est plus de savoir si les soins digitaux ont leur place, mais comment ils peuvent se déployer de manière durable, fiable et bien intégrée. Fort de cette réalité, Doktr ne se contente pas de revenir sur les cinq dernières années, mais se tourne également vers la prochaine phase de développement des soins hybrides en Belgique.
De la vidéoconsultation à un accès aux soins plus large et plus intégré
Ce qui a commencé comme une plateforme de vidéoconsultation pour les médecins généralistes a évolué, au cours des cinq dernières années, vers une offre de soins plus large. Aujourd’hui, en plus de la médecine générale, Doktr propose également une prise en charge autonome, un accompagnement psychologique ainsi que des dispositifs tels que la coordination du retour au travail. Les soins digitaux ne se résument plus à une vidéoconsultation isolée : ils consistent de plus en plus à orienter rapidement les personnes vers les soins les plus adaptés.
Une étape importante dans le développement de Doktr est la collaboration avec plusieurs partenaires belges. Après son lancement par Proximus en 2021, la CM et Solidaris ont rejoint l’initiative, et en 2025, l’actionnariat a été renforcé avec l’arrivée d’AG. Doktr s’est ainsi développé autour d’une ambition partagée : construire un modèle de soins hybrides dans lequel les soins digitaux et les soins physiques se renforcent mutuellement. Les soins hybrides n’ont un réel impact que lorsqu’ils s’intègrent dans des environnements, des parcours de soins et des relations de confiance existants.
Cinq enseignements tirés de cinq années d’expérience de terrain
1.La pression sur le système de santé s’est encore accentuée
Cinq ans plus tard, le problème n’a pas diminué : il s’est aggravé. Dans certaines régions, les patients ont de plus en plus de mal à trouver un médecin généraliste, et le libre choix du médecin est mis sous pression. On estime qu’aujourd’hui, un cabinet de médecine générale sur deux applique un arrêt ou une limitation des inscriptions de nouveaux patients. La situation varie toutefois fortement selon les régions : dans certaines zones, le phénomène reste limité, tandis qu’ailleurs il est presque devenu la norme.(1) La pression structurelle demeure également élevée. Même si la part de médecins généralistes en formation est passée à 17 %, contre 6 % en 2013, les experts estiment que cela ne suffira toujours pas à compenser, d’ici 2030, le départ à la retraite des médecins en fin de carrière. Aujourd’hui, environ 30 % des médecins généralistes ont plus de 65 ans.(2) Dans les soins de santé mentale aussi, la pression reste forte : en 2023, près de 40 % des personnes en recherche d’aide ont dû attendre en moyenne trois mois avant de pouvoir commencer un traitement, et pour environ une personne sur dix, ce délai dépassait même six mois.(3) Cela rend plus urgente que jamais la nécessité d’un accès aux soins accessible, bien intégré et capable de se déployer à grande échelle. Le défi fondamental à l’origine de la création de Doktr n’a donc pas disparu : il est devenu encore plus aigu.
2.Les soins digitaux exigent plus que de la technologie
Les soins digitaux ne se développent pas uniquement grâce à la technologie, mais grâce au modèle adéquat qui les entoure. Ils nécessitent également des cadres clairs en matière de remboursement, de collaboration, de distribution et d’usage. Les pouvoirs publics, les organisations de soins, les assureurs et les autres partenaires jouent ici un rôle crucial : ce sont eux qui déterminent, en partie, si les soins digitaux s’intègrent réellement dans les processus existants, les parcours de soins et les modèles de financement. Des soins hybrides durables ne supposent donc pas uniquement une bonne plateforme, mais aussi un contexte dans lequel usage, organisation et remboursement s’articulent harmonieusement.
3.Les défis en matière de soins dépassent le cadre du secteur de la santé
L’accès limité aux soins ne se fait pas sentir uniquement dans le cabinet de consultation. Il touche aussi les employeurs, les assureurs et les contextes liés au bien-être au sens large, en particulier dans un contexte marqué par l’augmentation du nombre de personnes en incapacité de longue durée. Les soins hybrides deviennent ainsi pertinents dans plusieurs écosystèmes : comme point d’accès, comme première étape simple et accessible, et comme composante de stratégies plus larges en matière de bien-être et de soins.
4.La confiance repose sur la qualité, la sécurité et la pertinence
Dans les soins de santé, la confiance est une condition fondamentale pour l’utilisation. Elle se renforce lorsque les soins digitaux sont sûrs, de qualité et pertinents dans un contexte de soins réel. Construire cette confiance demande du temps et de la constance. Chez Doktr, nous constatons que la confiance grandit dès que les patients et les prestataires de soins font réellement l’expérience des soins digitaux. Lorsque les patients sont accompagnés au bon moment et qu’une intervention financière est prévue, l’usage augmente de manière visible. Aujourd’hui, cela se traduit chez Doktr par plus de 450 000 téléchargements et 97 % de satisfaction des patients.
5.L’intégration détermine l’impact
La leçon la plus importante est peut-être que les soins digitaux ne créent une véritable valeur ajoutée que lorsqu’ils ne se situent pas à côté du système, mais qu’ils s’y intègrent pleinement. Pour les utilisateurs, cela signifie un accès via des environnements familiers et de confiance ; pour les partenaires et les prestataires de soins, cela suppose une bonne articulation avec les processus et les parcours de soins. La prochaine phase ne sera donc pas remportée par des outils isolés, mais par des solutions capables de concrétiser cette intégration. En même temps, cette intégration demande du temps, ce qui explique pourquoi la transition vers les soins hybrides reste aujourd’hui souvent lente.
Comment Doktr s’appuie sur ces enseignements : la prochaine étape des soins hybrides
La prochaine étape pour Doktr s’appuie sur ce que le marché a mis en évidence dans la pratique. Si les soins hybrides veulent se développer, l’accès doit devenir plus simple, mieux s’intégrer et gagner en pertinence dans les contextes où les personnes cherchent effectivement des soins. Dans cette logique, quatre priorités se dégagent :
- Un accès davantage intégré via les environnements partenaires, afin que les soins soient disponibles dans des applications et plateformes que les utilisateurs connaissent déjà, utilisent et auxquelles ils font confiance
- Des barrières d’accès aux soins moins élevées grâce à de nouvelles formes d’accompagnement digital, comme l’aide à l’évaluation des symptômes et une fonction de messagerie instantanée permettant d’offrir plus rapidement une orientation et des conseils
- Un accès mieux adaptés aux contextes réels d’usage, avec, en complément de l’application mobile, une expérience sur ordinateur pour les situations dans lesquelles l’accès mobile n’est pas la solution la plus logique
- Un portail d’accès hybride élargi aux soins , permettant aux utilisateurs de consulter non seulement des médecins généralistes et des psychologues, mais aussi, progressivement, d’être orientés plus facilement vers d’autres prestataires de soins et spécialistes en fonction de leurs besoins
D’une plateforme de consultation à une plateforme d’orientation vers les soins : ensemble, ces choix montrent la direction vers laquelle Doktr s’oriente : vers un accès aux soins plus intégré, plus adapté au contexte et plus accessible en Belgique. Si la première phase a démontré que la consultation digitale a toute sa place, la suivante consiste à organiser plus intelligemment l’accès aux soins au sein même des écosystèmes dans lesquels les personnes vivent et travaillent déjà.
Sources :
(1) Schillewaert, N. (2023, 17 april). Steeds meer Belgische huisartsen voeren (gedeeltelijke) patiëntenstop in door toegenomen werkdruk. VRT NWS. https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2023/04/17/bijna-een-vijfde-van-de-belgische-huisartsen-heeft-patientenstop/
(2) Medisquare. (z.d.). Een derde van de Belgische huisartsen is ouder dan 65. https://medisquare.be/nl/een-derde-van-de-belgische-huisartsen-is-ouder-dan-65-2
(3) Zorgnet-Icuro. (2024, 18 maart). Hoe gaat het écht met de psychische gezondheid in Vlaanderen? https://www.zorgneticuro.be/artikel/hoe-gaat-het-echt-met-de-psychische-gezondheid-vlaanderen
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